Pour choisir en toute connaissance de cause le meilleur type de viseur de nuit, voyons brièvement comment nous, êtres humains, voyons normalement la nuit sans l'aide d'un équipement spécial. À l'arrière de l'œil humain, sur la rétine, se trouvent des récepteurs en forme de bâtonnets et de cônes. Si les deux nous aident à percevoir la lumière, les bâtonnets nous permettent de voir dans la pénombre, mais sans distinction des couleurs, tandis que les cônes nous permettent de voir les couleurs, mais ne fonctionnent pas très bien dans la pénombre. Les équipements de vision nocturne fonctionnent de manière à nous permettre de voir plus de détails la nuit, mais sans distinction des couleurs.
On distingue globalement deux types de technologies utilisées pour les viseurs de nuit.
Viseurs à intensification d'image (I2) vs viseurs thermiques

Les viseurs d'armes à intensification d'image, également appelés viseurs II ou viseurs de vision nocturne I2, amplifient la lumière disponible de près de 15 000 à 40 000 fois pour nous aider à voir la nuit. La lumière disponible peut être le clair de lune, la lumière des étoiles ou toute autre forme de lumière réfléchie. L'optique, l'électronique et les capteurs des viseurs I2 ont connu des progrès considérables ces dernières années et offrent une excellente résolution ainsi que de nombreuses fonctionnalités. Les dernières technologies de capteurs de génération 3 et 2+ offrent une excellente amplification de la lumière, une faible consommation d'énergie et un grand confort d'utilisation pour une utilisation prolongée.
Les viseurs I2 ont besoin d'un peu de lumière ambiante pour fonctionner (lumière des étoiles, clair de lune, lumière réfléchie, etc.) ; s'il n'y a pas de lumière, le viseur I2 ne « voit » pas très bien.

Les viseurs thermiques, quant à eux, fonctionnent différemment : ils mesurent les différences de chaleur émise par divers objets dans l'environnement afin de faciliter l'identification des cibles. Ces viseurs utilisent des systèmes optiques de pointe et des capteurs qui traitent numériquement les données provenant de l'optique de l'appareil pour fournir des images numériques tramées de la cible et de son environnement. Ils sont capables de détecter les différences de température les plus infimes pour produire des images en nuances de gris.
Les viseurs thermiques ne sont pas vraiment sensibles à la lumière ; ils fonctionnent uniquement en détectant le rayonnement thermique de la cible et de son environnement. S'il existe une différence de température, les viseurs thermiques donneront de bons résultats. La quantité de lumière disponible n'a dans ce cas aucune importance, ce qui permet aux viseurs thermiques de fonctionner efficacement même de jour.
Éléments à prendre en compte lors du choix d'un viseur de nuit pour arme
Ces deux technologies présentent des avantages, mais aussi des limites. Pour choisir le type d'appareil le mieux adapté à une application spécifique, il convient de bien comprendre les différences mentionnées ci-dessus et de prendre en compte certains des éléments suivants.
DRI (Détection, Reconnaissance, Identification)
C'est à travers le concept DRI (détection, reconnaissance et identification) que l'on comprend le mieux les principales différences entre ces deux types de viseurs. La détection a lieu dès qu'une cible est repérée. La reconnaissance intervient lorsqu'il est possible de distinguer la forme et la silhouette de la cible (animal, être humain, plate-forme, etc.). L'identification se produit lorsque les détails précis de la cible deviennent visibles.

Les viseurs I2 offrent une excellente capacité d'identification et fournissent des images très proches de la réalité. Ils sont particulièrement adaptés aux situations où l'identification de la cible est cruciale, comme les combats rapprochés (CQB), où il est essentiel de distinguer les alliés des ennemis. Les viseurs thermiques, quant à eux, permettent la détection et la reconnaissance à des distances bien plus grandes et sont parfaitement adaptés aux situations où l'on souhaite surveiller les mouvements d'une cible repérée avant de passer à l'engagement tactique. Les viseurs thermiques ne permettent toutefois pas l'identification, même à courte distance.
Environnement et conditions
C'est à travers le concept DRI (détection, reconnaissance et identification) que l'on comprend le mieux les principales différences entre ces deux types de viseurs. La détection a lieu dès qu'une cible est repérée. La reconnaissance intervient lorsqu'il est possible de distinguer la forme et la silhouette de la cible (animal, être humain, plate-forme, etc.). L'identification se produit lorsque les détails précis de la cible deviennent visibles.

Les viseurs ne peuvent pas voir à travers le verre et peuvent donc s'avérer inefficaces lorsque des objets ou des cibles sont situés de part et d'autre d'une vitre.
Autres paramètres à prendre en compte
• Consommation électrique
Les viseurs optiques I2 sont généralement peu gourmands en énergie, tandis que les viseurs thermiques en consomment beaucoup plus
• Détection infrarouge
Les viseurs I2 sont capables de détecter la lumière infrarouge, ce qui leur confère généralement un avantage lors des opérations tactiques. Sans les optiques sensibles aux infrarouges d'un viseur I2, il est en effet pratiquement impossible de détecter les rayons infrarouges. L'ajout d'un illuminateur/désignateur IR à un viseur I2 permet à ce dernier de capter la lumière infrarouge émise comme source lumineuse dans des conditions de très faible luminosité ou d'obscurité totale, afin de fournir une image claire à l'opérateur et de lui permettre ainsi de placer ses tirs avec précision dans des conditions d'éclairage difficiles. Cette capacité de détection IR permet également aux opérateurs de distinguer leurs alliés de leurs ennemis lorsqu'ils utilisent des balises IR.
Conclusion
Il ne fait aucun doute que les viseurs I2 et les viseurs thermiques offrent un avantage considérable et améliorent les capacités des opérateurs dans des conditions de faible luminosité ou d’obscurité. Ces deux technologies présentent des caractéristiques de performance que différents utilisateurs peuvent préférer selon les situations. Si les viseurs I2 offrent une meilleure résolution et une meilleure identification des cibles, il devient en revanche difficile de localiser des cibles immobiles ou camouflées avec ce type de viseurs. C'est dans ces situations que les viseurs thermiques constituent sans conteste une meilleure solution, car il devient plus difficile pour la cible de dissimuler sa signature thermique. S'il est vrai que les viseurs thermiques ne permettent pas la reconnaissance faciale comme le font les appareils de vision nocturne, ils fonctionnent indépendamment de la luminosité ambiante et peuvent donc être utilisés aussi bien de jour que de nuit. Étant donné que ces deux technologies se complètent mutuellement, l'idéal serait de les déployer ou de les utiliser conjointement au sein des unités ou des sections.
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